Qu’y a-t-il de mexicain dans Mexican Gothic? Les romans de Silvia Moreno-Garcia face à la transnationalité et au système mexicain du mestizaje
Mots-clés :
transnationalité, système du mestizaje, féminismes décoloniaux, Études Gothiques, sociologie de la littérature, colonialité et genreRésumé
Le roman Mexican Gothic (2020) de Silvia Moreno-Garcia (SMG) semble donner un rôle transgressif à l’héroïne Gothique traditionnelle et au mestizaje du Sud, rejetant tant les forces colonialistes que les subjectivités patriarcales et la moralité dominante. Nous croyons au contraire que la perspective de SMG n’est pas aussi inclusive et critique, et moins anticolonialiste, qu’elle ne donne à voir. Elle est plutôt ancrée dans le féminisme blanc, et reproduit le système de mestizaje mexicain qui encourage le blanchiment de la «race ». En particulier, Mexican Gothic raconte une histoire de conflit entre colonisateurs et colonisé-e-s, mais en fait un conflit binaire entre méchants Européens et courageuses mestizas mexicaines, ce qui efface les femmes des Premiers Peuples ainsi que des classes entières de Mexicain-e-s non «blanchis». Pour comprendre cette tension, nous posons la question de ce qu’il y a de mexicain dans Mexican Gothic. Nous commençons par une discussion des principaux narratifs de l’identité mexicaine, centrés sur le blanchiment et le mestizaje. Nous examinons ensuite les personnages féminins, et la façon dont ils sont écrits, dans Mexican Gothic et cinq autres romans. Nous esquissons les conditions transnationales de production et de réception du roman, du Mexique (pays de naissance de l’autrice) au Canada (pays où elle vit) et aux États-Unis (là où elle publie).
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© Dr. Luisa Fernanda Grijalva-Maza, Dr. Claude Denis 2026

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